La première fois, je n'ai pas aimé Paris. C'était trop. Trop de choses à voir, trop beau, trop imposant, trop de touristes, trop de voitures, et puis cette sensation bizarre de connaitre tout ça et en même temps d'être aussi perdue que le plus ignare des touristes. Indigestion de Tour Eiffel, de Louvre et de Joconde, de jardins, de ponts, d'appareils photos, de carte postale. Ecrasée, mal a l'aise, j'ai l'impression que Paris est un pays étranger.
Et puis ce 7 mai, j'arrive Gare de l'Est a 9h04 avec une guitare et deux sacs. Plus perdue que jamais, je dois tuer le temps jusqu'a midi. Alors je prend le métro jusqu'aux Halles, j'ai peur de ne plus en sortir, je me tape un escalator en panne de 26 mètres pour enfin voir Paris. Un autre Paris. Paris le matin. Paris pas en été. Paris pas pendant les vacances. Des femmes de ménage enlèvent la poussière des vitrines, les types au gilet fluo nettoient les rues. L'odeur de pisse mélangée a celle du pain au chocolat tout juste sorti du four. Le cortège des ministres se rend a l'assemblée en grillant un feu, et passe juste devant ce type qui dort entre ses bouteilles de bière sur une bouche d'égout. Et bizarrement, là, je me dis que j'aime Paris. Je ne sais ni ou je vais, ni ou je suis, mais je me sens bien. Parce que c'est une ville vivante, avec tout le coté "revers de carte postale " que ça implique. Paris ne me snobe plus, Paris n'est pas une ville idéale, Paris n'est pas la plus belle ville du monde, mais elle est pleine de vie, de gens, alors au diable le Louvre et la Tour Eiffel, et tant pis pour les touristes hollandais. C'est ça que je voulais. De la vie, derrière ce décor impeccable. Alors voilà, Paris, je t'aime.